Le Saint-Esprit est-il une personne ?

Quelle description la Bible donne-t-elle du Saint-Esprit ? Pourquoi n'en est-il question dans l'introduction des lettres que les apôtres Paul, Pierre et Jean adressèrent aux Églises ? Pourquoi la Bible n'enseigne-t-elle pas la doctrine de la Trinité ?

D'après la New World Encyclopedia [l'Encyclopédie du Nouveau Monde], « Tertullien fut le premier à utiliser l'expression “ trois personnes ” [en latin : tres personae ]. Le mot latin personae, du temps de Tertullien, ne s'appliquait jamais à une personne distincte, à un individu conscient, comme c'est à présent le cas pour le mot “ personne ” [...] employé de nos jours. À l'époque, cela s'appliquait uniquement au bien légitime de quelqu'un ou à un masque dont on se servait au théâtre. Par conséquent, quand il parle de trois personnes distinctes, celles-ci partagent toujours une [même] substance (en latin : una substantia). C'est aussi dans  ce  contexte  que  Tertullien  se  servit  en  outre  du  mot trinitas » (rubrique « Trinité »). Dans la doctrine de la Trinité, une « personne » est comme une personnalité ou un « masque ». 

De surcroît, « le mot “ Trinité ” apparaît nulle part dans la Bible, et bien que Tertullien s'en soit servi dans la dernière décennie du 2ème siècle, il n'en fut pas officiellement question dans la théologie de l'Église jusqu'au 4ème siècle » (New Bible Dictionary [Nouveau dictionnaire biblique], 1982, rubrique « Trinité »).

La doctrine de la Trinité a été élaborée au fil des siècles pour tenter d'expliquer la nature de Dieu. Or, que révèle la vraie source de toute pure doctrine à propos de la nature du Saint-Esprit  – la Bible ?

La description, que donne la Bible, du Saint-Esprit

Quand on consulte la Bible, on découvre que le Saint-Esprit de Dieu est la puissance de Dieu, et non (comme on l'enseigne, à tort) – une personne, l'un des membres d'une « Trinité ». Le Saint-Esprit est le puissant moyen par lequel les deux Membres de la famille divine identifiés dans la Bible – Dieu le Père et Jésus-Christ, le Fils de Dieu – accomplissent leur volonté, exercent leur influence, projettent leur nature et exercent leur pouvoir créatif dans l'univers entier, y compris leur influence sur les pensées des êtres humains.

Jésus expliqua à Ses disciples qu'une puissance spirituelle leur serait communiquée lors de la réception du Saint-Esprit (Actes 1:8). Lors de la Pentecôte, Dieu envoya Son Esprit, et cette effusion fut accompagnée d'effets spectaculaires comme un bruit ressemblant à  « celui d’un vent impétueux » (Actes 2:1-3). L'apôtre Paul, sous l'inspiration divine, expliqua par la suite que les vrais chrétiens reçoivent cet Esprit, qui n'est pas « un esprit de timidité [...] mais un esprit de force, d’amour et de sagesse » (2 Timothée 1:7). La puissance du Saint-Esprit sur le chrétien a pour effet de lui impartir et de développer en lui une nouvelle nature, faisant de lui une « nouvelle création » calquée sur le caractère de Christ (2 Pierre 1:3-4; 2 Corinthiens 5:17).

La   Bible   décrit   le   Saint-Esprit   comme  un  « don »  que  Dieu « répand » sur Son peuple (Actes 2:38; 2:17). On se sert de tels termes pour décrire quelque-chose et non quelqu'un. Quoi qu'il en soit, ces analogies, à elles seules, ne prouvent pas – pas plus qu'elles ne nient – le caractère « personnel » du Saint-Esprit. La preuve que le Saint-Esprit n'est pas une personne se trouve dans de nombreux autres passages bibliques.

Dieu le Père et Christ sont adorés comme deux Êtres éternels dans la Famille divine (Jean 4:23-24; 20:28 ; Hébreux 1:6), tandis que le Saint-Esprit, lui, n'est adoré nulle part dans la Bible. Et cela, à juste titre, car l'Esprit-Saint n'est pas une personne, mais la puissance de deux Êtres – Dieu le Père, et son Fils Jésus-Christ. Ils partagent tous Deux cet Esprit et cette nature (Éphésiens 4:4; Jean 10:30).

Si   le   Saint-Esprit   était   une   personne,   l'apôtre   Paul  l'aurait « snobé » et lui aurait manqué de respect en ne le mentionnant pas dans ses salutations aux Églises. En effet, il mentionne toujours le Père et Son Fils Jésus-Christ, mais ne parle jamais du Saint-Esprit (Romains 1:7 ; 1 Corinthiens 1:3 ; 2 corinthiens 1:2; Galates 1:3 ; Éphésiens 1:2 ; Philippiens 1:2 ; Colossiens 1:2 ; 1 Thessaloniciens 1:1 ; 2 Thessaloniciens 1:1-2 ; 1 Timothée 1:1-2 ; 2 Timothée 1:2 ; Tite 1:4 ; Philémon 1:3). Les apôtres Pierre et Jean, eux aussi, saluent les frères dans plusieurs de leurs épîtres, dans le nom du Père et de Jésus-Christ, ne mentionnant jamais, eux non plus, le Saint-Esprit – ce qui serait manquer ouvertement de respect au Saint-Esprit si ce dernier était une personne (2 Pierre 1:2 ; 2 Jean 1:2).

Voici une autre colle pour ceux qui croient que le Saint-Esprit est une personne: Jésus priait le Père (Jean 17:1), mais Marie, sa mère, était tombée enceinte sous l'effet du Saint-Esprit. «Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint-Esprit, avant qu’ils eussent habité ensemble » (Matthieu 1:18). Si le Saint-Esprit était une personne, il aurait été le Père de Jésus.

La Bible enseigne que le Saint-Esprit n'est pas une personne, mais la puissance grâce à laquelle le Père incarna Jésus dans le ventre de Marie.

L'aspect grammatical

Dans la plupart de nos Bibles, lorsqu'il est question du Saint-Esprit, les traducteurs ont choisi le pronom personnel « Il » (avec un « I » majuscule, et plusieurs pronoms se rapportant habituellement à des personnes et non à des choses. Il importe de savoir que dans l'original grec – langue dans laquelle le Nouveau Testament a été rédigé – lorsqu'il est question du Saint-Esprit, il est toujours question de quelque-chose, et non de quelqu'un.

Incidemment, quand l'Écriture parle du « consolateur », comme dans Jean 14:16, 25; 15:26 et 16:7, 12, il n'est pas non plus question d'une personne. Jésus, dans ces versets, fait allusion au Saint-Esprit comme à la puissance rassurante et consolatrice (en grec parakletos) qu'il exerce sur les pensées et les vies de ceux qui le reçoivent. Dans le grec, comme en français, parakletos est masculin, mais ne s'applique pas obligatoirement à une personne.

Et que dire de 1 Jean 5 ?

Dans plusieurs de nos Bibles françaises,  dans 1 Jean 5:7-8, les mots suivants apparaissent : « dans le ciel, le Père, la Parole, et le Saint-Esprit, et ces trois-là sont un. Il y en a aussi trois qui rendent témoignage sur la terre », il importe que vous sachiez que ces mots – d'après pratiquement tous les experts bibliques – ne faisaient pas partie des paroles originales écrites par l'apôtre Jean, mais furent ajoutées bien plus tard, probablement pour essayer d'étayer la fausse doctrine de la Trinité. Plusieurs traductions modernes ont corrigé cette erreur, mais pas toutes.

À la lumière de ce que nous venons d'examiner, deux remarques s'imposent : 1 ) Le fait que la falsification ci-dessus ait été ajoutée dans plusieurs versions de la Bible met en évidence la fragilité de la doctrine de la Trinité. Aucun passage biblique ne permet d'étayer cette dernière. 2 ) Quand ces mots, qui n'apparaissent pas dans l'original, sont ôtés, le restant de la phrase devient plus clair. Il y est question de trois éléments, de trois choses – et non de trois personnes. En français, le sens de ce passage est comme suit: « Il y a trois [éléments] qui rendent témoignage [et le texte grec n'indique pas que ces « témoins » soient des personnes] : l’Esprit, l’eau et le sang ; et les trois, d’un commun accord, attestent la même vérité ».

On ne peut honnêtement pas s'appuyer sur la Bible pour étayer la fausse doctrine de la Trinité.

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