Les livres deutérocanoniques ou apocryphes font-ils partie de la Bible ?

Les livres dits deutérocanoniques par les Catholiques et apocryphes par les Protestants doivent-ils faire partie de la Bible et être considérés comme des Écrits inspirés par Dieu.

Pour répondre à cette question, il importe, pour commencer, de définir le mot apocryphe. Ce terme s'applique à une collection de livres, ou d'extraits de livres, qui ne sont pas reconnus par les Juifs comme faisant partie des Saintes Écritures, mais qui ont été conservés avec les livres bibliques dans la traduction grecque (Septante) de l'Ancien Testament. Au 16e siècle, beaucoup de ces livres et de ces passages ont été officiellement ajoutées à la Bible catholique romaine lors du concile de Trente. Si l'Église catholique et l’Église orthodoxe acceptent plusieurs de ces textes comme faisant autorité, ils ne sont pas reconnus en tant que tels par les Églises protestantes. Ces livres sont :

1 et 2 Esdras
Tobie
Judith
Ajouts au livre d'Esther
La Sagesse
L'Ecclésiastique, ou la Sagesse de Jésus fils de Sirach
Baruch
La Lettre de Jérémie
Ajouts au livre de Daniel (la prière d'Azarias, Le Cantique des trois jeunes hommes, Suzanne, Bel et le Dragon)
La prière de Manassé
1 et 2 Maccabées

 

Ces livres ou ajouts sont intercalés parmi d’autres livres dans les Bibles catholiques comme la Bible de Jérusalem et la traduction du chanoine Crampon. Ils sont omis de la plupart des traductions protestantes telles que les traductions Segond, Darby et Ostervald.

Qu’en dit la Bible ?

Appartiennent-ils au canon de l'Écriture inspirée ? L'apôtre Paul dit que les « oracles de Dieu » ont été confiés aux Juifs (Romains 3:1-2). Les Juifs ont préservé les Saintes Écritures, et ont été chargés de la sauvegarde de la connaissance relative aux écrits divinement inspirés (le Canon hébreu). Jésus-Christ a également souligné les trois sections considérés comme canoniques : « la loi de Moïse… les prophètes, et… les psaumes » (Luc 24:44).

L'apôtre Pierre a écrit que « Sa divine puissance [celle de Dieu] nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété » (2 Pierre 1:3). En d'autres termes, Dieu a fait en sorte que Son peuple demeure en possession de tout ce qui était nécessaire pour recevoir la vie éternelle. Cela exclurait des livres contestés et omis de beaucoup de Bibles à  travers les 2000 ans d'histoire du Nouveau Testament.

Nous lisons aussi que :

« Toute chair est comme l’herbe,
Et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe.
L’herbe sèche, et la fleur tombe ;
Mais la parole du Seigneur demeure éternellement. » (1 Pierre 1:24-25, c’est nous qui soulignons). Pierre cite ici le prophète Ésaïe (Ésa. 40:6-8) pour insister sur le fait que Dieu Lui-même a veillé à la préservation de Sa Parole. Nous devons, par conséquent, faire preuve de foi à propos de la préservation divine de la Bible avec son juste canon.

 

Problèmes dans les apocryphes

Passons maintenant au contenu des livres apocryphes. Il existe des anomalies évidentes dans plusieurs d'entre eux, qui – lorsqu'on les examine – révèlent pourquoi ils ne sont pas universellement reconnus. Par exemple, les additions au livre d'Esther ont été écrites en grec et font fréquemment mention explicitement du nom de Dieu, à la différence du livre canonique – qui a été écrit en hébreu et fait allusion seulement à la main providentielle de Dieu sans Le mentionner explicitement.

Bel et le Dragon est le produit d'une imagination débordante, et s’avère presque comique. Il y est question du prophète Daniel, qui aurait découvert une fraude concernant le dieu Bel. Daniel aurait trouvé un stratagème pour prouver au roi que Bel n'est pas un vrai dieu.

Le livre de Tobie provient d'une légende sur un Juif pieux du 2e siècle avant notre ère qui devient aveugle et pauvre, et qui est débarrassé de son affliction grâce à une formule magique révélée par un ange à son fils Tobie. L'héroïne, Sara, est la cible d’un démon amoureux d’elle, qui doit être chassé avant qu'elle ne puisse épouser Tobie.

D'autres livres apocryphes, bien que moins manifestement fantaisistes, ne prétendent pas à l'inspiration divine. Les livres de 1 et 2 Maccabées, par exemple, racontent l'histoire de la résistance juive contre les hellénistes ainsi que la persécution d'Antiochos Épiphane au 2e siècle avant notre ère. Le premier livre des Maccabées en particulier, est utile pour comprendre le contexte historique de la période.

Beaucoup pensent que les apocryphes n’atteignent pas certains seuils doctrinaux de canonicité, tels que la nécessité, pour un livre inspiré, de faire allusion à Jésus-Christ – le Messie. Le livre apocryphe de 2 Maccabées a été rejeté, car il contient une allusion à la prière pour les morts (2 Maccabées 12:45-46).

Les livres apocryphes sont absents des références aux livres acceptés, écrits par le philosophe juif Philon d'Alexandrie (De vita contemplativa 25), et par l'historien juif du 1er siècle Flavius ​​Josèphe (Contra Apion 1:8). Mais la plus significative des preuves est qu'aucun des livres apocryphes n’est cité dans le Nouveau Testament, ce qui indique que les rédacteurs du Nouveau Testament ne les acceptaient pas comme faisant partie de la Bible – la parole inspirée de Dieu.

Quelques livres des apocryphes peuvent être utiles pour comprendre l'histoire et les coutumes de leur temps, mais ils n'appartiennent pas au canon des Écritures saintes inspirées de Dieu.

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