Qu’enseigne l’épître aux Galates à propos de la loi et de la grâce ?

Pour comprendre l’enseignement de l’apôtre Paul à propos de la loi et de la grâce, dans son épître aux Galates, il importe d’en connaître le contexte – d’être conscient du fait que Paul luttait contre diverses hérésies.

Qu’enseigne l’épître aux Galates à propos de la loi et de la grâce ?

Essayer de comprendre l’enseignement de Paul, à ce sujet, en commençant par étudier l’épître aux Galates équivaut à essayer de comprendre ce qui se passe dans un film d’action en ne regardant que la dernière demi-heure.

Pour comprendre l’épître aux Galates, il importe de bien comprendre ce qui a provoqué sa rédaction – les circonstances inhabituelles qui ont poussé l’apôtre à adresser cette épître à plusieurs congrégations d’Asie. Sinon, on risque de tirer des conclusions erronées du genre de celles enseignées par ceux qui ne comprennent pas la doctrine biblique de la loi et de la grâce.

Incidemment, c’était la même chose au 1er siècle. Même à cette époque-là, on essayait de donner aux propos de Paul un autre sens que celui qu’il avait à l’esprit ; on tordait ses propos. Pierre nous a mis en garde contre les contradicteurs. Il a en effet déclaré : « Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l’a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C’est ce qu’il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Ecritures, pour leur propre ruine » (2 Pierre 3 :15-16).

La doctrine de la loi et de la grâce est mal comprise de la majorité des chrétiens. La plupart d’entre eux, en effet, ont des préjugés contre la loi. Beaucoup de prétendus érudits, d’« antinomiens » – comme on les appelle – enseignent aux croyants que d’après Paul – et tout le Nouveau Testament – il est impossible d’observer les Dix Commandements et qu’il est mal de dire que Dieu S’attend à ce que le chrétien les respecte. Dans la plupart des cas, leurs arguments contre la loi s’appuient sur des passages de l’épître aux Galates dont ils tordent évidemment le sens.

Qu’enseignaient Jésus et Paul à propos de la loi et de la grâce ? La réponse à cette question indique que les idées de Paul sur la loi s’accordaient parfaitement avec celles de notre Sauveur, et que Dieu S’attend à ce que les croyants pratiquent Ses Commandements. Cette vérité s’accorde parfaitement avec la grâce – don gratuit de Dieu basé sur Sa bonté, indépendamment du mérite du bénéficiaire. Dieu, en effet, est disposé à accorder Sa grâce à tous ceux qui se repentent (cessent de transgresser la loi). La vérité incontournable de la Bible est que la loi est toujours en vigueur et que la grâce divine est à notre portée, et non que la loi est abolie, du fait de la grâce.

Pourquoi Paul a-t-il rédigé l’épître aux Galates ?

Il est clair que cette lettre de Paul aux Galates avait pour objet de traiter des problèmes sérieux dans l’Église. En effet, dès le début, Paul déclare : « Je m’étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre évangile. Non pas qu’il y ait un autre évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent altérer l’Evangile de Christ » (Galates 1:6-7).

Il ne s’agit pas d’une gentille lettre pastorale d’encouragement ; il est clair qu’il y est question de doctrine – d’une lettre condamnant des enseignements hérétiques.

L’erreur s’insinua dans l’Église dans l’espace de plusieurs décennies, à cause de membres juifs dans l’Église qui rejetaient l’enseignement de cette dernière permettant aux païens de devenir membres sans se faire circoncire. Cette controverse est évoquée dans le 15e chapitre du livre des Actes des apôtres. Même après que l’Église ait officiellement adopté cette ligne de conduite, ces agitateurs juifs provoquèrent des remous parmi les membres, essayant d’obliger celle-ci à changer d’avis. Ces agitateurs étaient des légalistes qui voulaient forcer l’Église à se calquer sur le judaïsme au lieu d’accepter les instructions du Christ.

Le fait que Paul ait été contraint d’écrire cette lettre choquante prouve la forte emprise que les partisans de cette hérésie avaient sur certains membres de l’Église en Galatie.

Leur argument s’appuyait sur la circoncision, comme l’indique la déclaration sans équivoque de Paul , traduite plus conformément à l’original, plutôt cru, dans la version BFC (la Bible en français courant) que dans la plupart des autres versions françaises : « Que ceux qui vous troublent aillent encore plus loin dans leurs pratiques : qu’ils se mutilent tout à fait ! ». L’original est certes cru, et sous-entend de façon sarcastique que ceux qui insistent tant à ce qu’on se fasse circoncire aillent jusqu’au bout et se fassent… émasculer ! Et cette tournure a un double sens : si la circoncision exigeait une ablation chirurgicale, Paul souhaitait que ces gens-là, qui étaient obsédés par cette sorte d’intervention se retranchent totalement eux-mêmes du Corps de Christ (l’Église), leur mentalité n’ayant pas sa place dans l’Église de Dieu !

L’épître aux Galates, par conséquent, fait opposition à l’idée que le salut peut se mériter par le légalisme. Elle ne représente pas un argument pour contrer l’idée qu’un croyant doit respecter la loi divine.

Il y a une différence énorme entre l’idée que le salut peut s’obtenir par le respect de règles précises, et l’idée que ceux qui reçoivent le salut doivent respecter les instructions divines. Cette distinction est mentionnée  à plusieurs reprises dans l’épître.

Beaucoup de théologiens, de nos jours, reflètent les préjugés antinomiens (s’opposant à l’idée que le croyant doit observer la loi de Dieu) lorsqu’ils commentent l’épître aux Galates. Ils ne tiennent aucunement compte de la raison pour laquelle cette épître a été écrite ; en d’autres termes, ils n’expliquent pas qu’elle avait pour objet de contrer l’hérésie enseignée par les Juifs partisans de la circoncision.

Plusieurs dirigeants religieux de notre époque s’expriment par écrit, ou oralement, comme si le christianisme moderne courait le risque de croire que – pour être sauvé – il faut se faire circoncire ou adhérer à des règles du même genre. Cette idée est grotesque. Le christianisme ne court guère le risque d’être envahi par des partisans de la circoncision !

La différence entre le légalisme et le respect de la loi

On croit souvent, de nos jours, que l’hérésie des Galates était que Dieu exigeait de Son Église qu’elle observe la loi. On ne comprend pas la différence entre « légalisme » et « respect de la loi ».

Illustrons ce point : La manière dont les parents exigent de leurs enfants qu’ils se plient à certaines règles dans leur foyer illustre la différence entre le légalisme et le respect de la loi. Prenons le cas d’un foyer où les parents n’aimeraient leurs enfants qu’a condition qu’ils se conforment strictement à leurs directives, adhérant strictement à tout « ordre» donné, pour tout, couvrant le moindre aspect de leur vie du lever au coucher du soleil. Dans un tel foyer, une punition s’abattrait à la moindre incartade, et – pour « mériter » l’amour de ses parents,  il faudrait se plier entièrement « au règlement ».  Ce serait du légalisme. Et dans un foyer aussi dysfonctionnel, l’« amour » ne serait pas vraiment de l’amour.

En revanche, le respect de la loi peut être illustré par un foyer dans lequel les parents aiment leurs enfants inconditionnellement, mais leur enseignent à se conformer à certaines règles familiales. Quand les enfants ne s’acquittent pas de leur devoir ou de leurs responsabilités, les parents les corrigent avec amour et les incitent à  changer de comportement. Dans un tel foyer, les enfants sont toujours aimés, mais ils sont aussi guidés dans la vie.

Dieu a une famille. Ses lois sont les règles que Ses enfants doivent respecter. Il aime Ses enfants inconditionnellement, mais Il les guide et leur apprend à vivre. Quand ils ne respectent pas Ses lois – et il n’est aucun être humain qui soit sans péché – Il les corrige, et S’attend à ce qu’ils modifient leur comportement. Respecter Ses lois ne fait pas des êtres humains des enfants de Dieu. On devient enfant de Dieu quand on donne à sa vie une certaine orientation.  Dieu crée Ses enfants par amour, puis Il les guide dans la voie de l’amour par Ses « règles familiales » – Ses lois.

Respecter la loi est normal et sain, tant dans une famille humaine que dans la famille divine.

Toute société paisible s’attend à ce que ses citoyens respectent la loi. Le criminel rejette la loi et refuse de s’y soumettre. Parallèlement, il est raisonnable – et, avant tout, biblique – de croire que les citoyens du Royaume de Dieu, les membres de Sa famille, aient à respecter la loi.

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