Qui sont les descendants des anciens Israélites ?

Quand Dieu appela Abraham, Il lui promit – pour Lui avoir obéi – que ses descendants deviendraient une grande nation, et qu'en lui toutes les nations de la terre seraient bénies (Genèse 12:1-3). Les bénédictions matérielles que Dieu accorda à Abraham allaient se répéter pour son fils Isaac, et son petit-fils Jacob – aussi appelé Israël – dont les 12 fils allaient être les ancêtres des 12 tribus d'Israël. Lorsque Dieu promit que toutes les nations seraient bénies à travers lui et sa postérité, il s'agissait aussi d'une promesse spirituelle: elles allaient, en effet, aussi être bénies par Jésus-Christ, qui était un descendant d'Abraham (Matthieu 1:1-16, Luc 3:23-34).

On se demande souvent ce qu'il est advenu des descendants des anciens Israélites – des peuples issus d'Abraham – et quelle est leur identité moderne. Bien que la Bible ne cite pas, de nom, les nations représentant aujourd'hui ces peuples, il existe de nombreuses preuves bibliques, historiques et archéologiques indiquant qu'ils se trouvent essentiellement aux États-Unis, en Angleterre, et dans plusieurs  nations de l'Europe Occidentale. C'est en effet dans ces pays que la majorité des descendants des anciens Israélites résident. Bien que ces connaissances historiques n'aient aucun impact sur le salut éternel des êtres humains, elles nous aident malgré tout à comprendre les prophéties bibliques relatives au temps de la fin (Voir notre 18e croyance fondamentale – Des promesses à Abraham – pour un plan d'ensemble sur ce sujet).

Deux royaumes

Après qu'ils aient passé quelque temps en Égypte en tant qu'esclaves, Dieu permit aux descendants d'Abraham de devenir l'ancienne nation d'Israël. Au fil des années, 10 des 12 tribus s'unirent pour former le royaume d'Israël, et les 2 autres tribus s'unirent pour former le royaume de Juda. Dieu finit par laisser le royaume d'Israël – situé dans le nord de la Palestine – partir en captivité sous les Assyriens, du fait de sa désobéissance à Ses lois. Par la suite, ce fut au Royaume de Juda, situé dans le sud de la Palestine, d'être emmené captif par les Babyloniens.

Au bout de 70 ans, un nombre important de captifs du royaume de Juda furent autorisés à retourner à Jérusalem et à la rebâtir. Du fait de leur zèle renouvelé et de leur respect du sabbat de l'Éternel, ils conservèrent leur identité. En revanche, les 10 tribus du Royaume du Nord disparurent en tant que nation – d'où l'allusion aux « Dix tribus perdues d'Israël ». Néanmoins, s'ils cessèrent d'être connus en tant que nation, ces Israélites ne cessèrent pas d'exister.

Israël dispersé parmi les nations

En fait, Dieu avait promis que bien qu'ayant puni l'ancien Israël pour ses péchés, Il n'allait pas totalement le détruire, mais le disperser parmi les nations.

Par la bouche du prophète Amos, Dieu déclara : « Voici, le Seigneur, l’Eternel, a les yeux sur le royaume coupable. Je le détruirai de dessus la face de la terre ; toutefois je ne détruirai pas entièrement la maison de Jacob, dit l’Eternel. Car voici, je donnerai mes ordres, et je secouerai la maison d’Israël parmi toutes les nations, comme on secoue avec le crible, sans qu’il tombe à terre un seul grain » (Amos 9:8-9).

La fidélité de Dieu à bénir les descendants des anciens Israélites subsistera après le retour du Christ et l'instauration du Royaume de Dieu ici-bas. Comme Jésus l'expliqua à Ses disciples, « Je vous le dis en vérité, quand le Fils de l’homme, au renouvellement de toutes choses, sera assis sur le trône de sa gloire, vous qui m’avez suivi, vous serez de même assis sur douze trônes, et vous jugerez les douze tribus d’Israël » (Matthieu 19:28). La nouvelle  Jérusalem elle-même aura 12 portes portant le nom des 12 tribus d'Israël (Apocalypse 21:12).

Josèphe, l'historien juif du 1er siècle de notre ère, a écrit que « le reste des Israélites ne voulurent point abandonner ce pays [la Médie]. Ainsi il n'y eut que les tribus de Juda et de Benjamin qui retournèrent à Jérusalem, et elles sont aujourd'hui assujetties dans une partie de l'Asie et dans l'Europe à la domination des Romains. Quant aux autres dix tribus, elles sont demeurées au-delà de l'Euphrate, et il est presque incroyable combien elles se sont multipliées » (Histoire ancienne des Juifs, chapitre 11, 5e section, p. 344, éditions Lidis, 1968-1973).

Il est également intéressant de noter comment débute l'Épître de Jacques : « Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ, aux douze tribus qui sont dans la dispersion, salut ! » (Jacques 1:1) Cette salutation indique que, dans l'Église du Nouveau Testament, on savait où se trouvaient au moins certains descendants des anciens Israélites.

Des indices

Pour savoir ce qu'il est advenu des Israélites après la chute de leur nation emmenée en captivité par les Assyriens en 721 avant notre ère, il importe de suivre le chemin pris lors de leur déportation, et de les identifier grâce aux noms que leur donnèrent leurs conquérants. Divers sites (Internet) et de nombreux livres ont été écrits à leur sujet, indiquant qu'il s'agit des nations de l'Europe Occidentale actuelle et des États-Unis. Le cadre restreint de cette lettre ne nous permet pas d'entrer dans les détails. Nous nous contenterons néanmoins de tracer les grandes lignes de leurs migrations.

Quand les Assyriens conquirent Samarie, la capitale du royaume du nord, ils emmenèrent un certain nombre d'Israélites « à Chalach, et sur le Chabor, fleuve de Gozan, et dans les villes des Mèdes » (2 Rois 17:6). Peu après que les Israélites aient été transportés dans ces pays, les érudits remarquent l'apparition, dans ces régions, des Cimmériens et des Scythes. Les Assyriens appelaient aussi ces Cimmériens et ces Scythes  « Khumri », « Ghomri » ou « Gimiri » (d'après le roi Omri d'Israël) et « Iskuza » ou « Sacae » (dérivatif d'Isaac).

L'obélisque noire bien connue se trouvant au British Muséum à Londres comprend une gravure du roi Jéhu d'Israël se prosternant devant le roi assyrien Salmanasar et lui versant un tribut. Le texte mentionne Jéhu, fils (descendant) d'Omri donnant au roi assyrien de l'argent, de l'or, un plat en or, un vase d'or, des timbales d'or, des sceaux d'or, de l'étain, un bâton et des lances. Il est question de l'époque où Israël versait un tribut à l'Assyrie, en tant que nation vassale, avant de se rebeller et d'être détruite par celle-ci.

L'historienne Tamara Rice a écrit : « Les Scythes ne sont pas réellement devenus une nation officielle avant le 8e siècle avant notre ère... Au 7e siècle, ils étaient fermement établis dans le sud de la Russie... Et des tribus analogues – plusieurs clans éventuellement apparentés – bien que politiquement distinctes et indépendantes, habitaient aussi l'Altaï [des montagnes situées dans le sud de la Russie et en Mongolie]. ... Plusieurs documents assyriens y situent leur apparition à l'époque du roi Sargon (722-705 avant notre ère) – date qui correspond précisément à l'établissement du premier groupe de Scythes dans le sud de la Russie » (The Scythians [Les Scythes], 1961, p 19-20, 44).

Boris Piotrovsky, dans son livre From the Lands of the Scythians [Des terres des Scythes] fait remarquer que « deux groupes, les Cimmériens et les Scythes, semblent être mentionnés dans les textes d'Urartu et les textes  assyriens, mais il est difficile de dire s'il s'agit de deux peuples distincts ou simplement de cavaliers nomades. ... À partir de la 2e moitié du 8e siècle avant notre ère, les sources assyriennes font allusion à des nomades qu'elles identifient comme des Cimmériens; d'après d'autres sources assyriennes, ces peuples habitaient le pays des Mannai [Arméniens] et la Cappadoce pendant 100 ans, et ces sources parlent de leurs migrations vers l'Asie Mineure et l'Egypte.

« Les Assyriens se servaient de Cimmériens comme mercenaires dans leur armée ; un document officiel de 679 avant notre ère fait allusion à un Assyrien “ commandant un régiment de Cimmériens ”, mais dans d'autres document assyriens, il est écrit qu'ils sont “ la postérité de fuyards qui ne jurent par aucun dieu et ne s'engagent par aucun serment ” » (1975, p 15, 18).

S'il est clair qu'il y avait parmi ces peuples des Israélites apatrides, les Scythes et les Cimmériens n'étaient pas tous des Israélites. Le terme « Scythe » ne se réfère pas nécessairement à un groupe ethnique précis. Néanmoins, il y avait, parmi les Scythes, des Israélites qui, par la suite, émigrèrent vers le nord-ouest, vers l'Europe, à la suite de l'écroulement de leur nation.

Les historiens rapprochent les Cimmériens aux Gaulois ou aux celtes de l'Europe du nord-ouest

L'historien Samuel Lyons apparente quelques-uns des peuples ayant habité l'Europe du nord-ouest aux Cimmériens. Comme il l'a écrit, il semblerait que les Cimmériens « soient le même peuple que les gaulois ou les celtes » (John Henry et James Parker, Our British Ancestors: Who and What Were They? [Nos ancêtres britanniques : Qui étaient-ils, d'où venaient-ils ?] 1865, pp. 23, 27).

L'historien et érudit George Rawlinson a écrit : « Il est raisonnable de dire que les Gimiri [ou Kymry ou Khumri] ou Cimmériens, qui apparurent en premier aux confins de l'Assyrie et de la Médie au 7e siècle avant notre ère, et les Sacae mentionnés sur la falaise du Behistun, près de 2 siècles plus tard, ne sont autres que Beth-Khumree [la Maison d'Omri] de Samarie, ou les Dix Tribus de la Maison d'Israël » (note sur sa traduction de l'Histoire d'Hérodote, Livre VII, p 378).

La linguiste et érudite danoise Anne Kirstensen est du même avis : « Il n'y a plus aucune raison de douter de la déclaration fascinante avancée par les experts étudiants les Dix Tribus, selon laquelle les Israélites déportés de Bit Humria – de la Maison d'Omri – sont les Gimirraja des sources assyriennes. Tout indique que les déportés israélites n'ont pas disparu de la circulation mais qu'ailleurs [à l'étranger], sous un statut différent, ils ont continué à laisser des traces dans l'histoire » (Who Were the Cimmerians, and Where Did They Come From? Sargon II, the Cimmerians, and Rusa I [Qui étaient les Cimmériens, et d'où venaient-ils ? Sargon II, les Cimmériens et Rusa I, traduit de l'anglais et du danois [Jørgen Læssøe, de l'Académie Royale Danoise des Sciences et des Lettres, no. 57, 1988, pp. 126-127).

La Bible indique également que les anciens Israélites allaient finir par émigrer vers le nord-ouest par rapport à Jérusalem. D'après une prophétie pour l'avenir, le serviteur de Dieu doit « relever les tribus de Jacob et [...] ramener les restes d’Israël » (Ésaïe 49:6), et ces peuples doivent revenir à Jérusalem « du septentrion et de l’occident » (verset 12).

Des preuves archéologiques

En plus de preuves historiques, les cimetières scythes ont révélé un lien entre ces gens-là et les peuples d'ancêtres nordiques. Pendant bien des années, les érudits croyaient que les Scythes étaient des Mongols parce que plusieurs groupes de ces peuples nomades s'étaient déplacés vers l'est ; toutefois, la découverte d'objets d'art scythes, ainsi que du corps congelé d'un soldat scythe, démontrent que ce n'est pas le cas.

En juillet 2006, dans les monts Altaï de Mongolie, près de la Chine et de la Russie, des savants ont faits une rare découverte. Des savants allemands qui faisaient partie de l'équipe ayant fait la découverte ont expliqué que la momie, très bien préservée, d'un soldat scythe était celle « d'un homme de 30 à 40 ans aux cheveux blonds » (Ancient Mummy Found in Mongolia [Ancienne momie découverte en Mongolie], Spiegel International en ligne, 25 août 2006). La chevelure blonde, inutile de le préciser, est typique des Européens et non des Mongols.

Avant la découverte de cette momie, plusieurs objets d'art découverts dans de nombreux cimetières scythes, avaient également révélé que ces peuples étaient apparentés aux Européens plutôt qu'aux Mongols. Les chefs des tribus scythes étant enterrés avec toutes leurs richesses personnelles – y compris leurs épouses, leurs chevaux et leurs objets d'art – des représentations détaillées de Scythes, de leurs vêtements et de leurs armes ont été découvertes. Ces découvertes révèlent que ces hommes avaient de longues nattes, étaient barbus, et avaient des traits caucasiens [de personnes de race blanche].

Pour résumer, les preuves bibliques, historiques et archéologiques révèlent que les descendants des tribus dites « perdues » de l'ancien Israël émigrèrent vers le nord-ouest de l'Europe. On estime généralement que beaucoup de ces peuples ont aussi émigré aux États-Unis. Pour les raisons mentionnées plus haut, nous pensons que les peuples qui se sont établis en Europe et aux États-Unis sont essentiellement les descendants des anciens Israélites.

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